Histoire

Aux origines des courses de voitures et de motos
Aux origines
des courses auto

La course automobile en Auvergne est une longue histoire qui débute en 1899 : le premier Tour Auto traverse la région ; la Coupe Gordon-Benett s’y déroule en 1905 sur un circuit de 137 kilomètres imaginé par les frères Michelin et déjà, de nombreux critériums, coupes et autres courses de côte s’organisent autour de Clermont-Ferrand.

Dans les années 1950, le pilote Louis Rosier et le président de l’ASACA Jean Auchatraire imaginent la création d’un circuit pour commémorer le cinquantenaire de la coupe Gordon-Benett. Au printemps 1955, après avoir étudié plusieurs sites, ils retiennent un tracé urbain de 6,124 kilomètres autour de la zone du Brézet. Tout semble être prêt pour l’organisation.

La ville de Clermont-Ferrand autorise les travaux, prête des tribunes tandis que Michelin soutient fortement, mais discrètement, l’Automobile Club. Hélas, le 11 juin 1955 marque un coup d’arrêt brutal. L’accident de Pierre Levegh et de sa Mercedes lors des 24 Heures du Mans fait plus de 80 morts et des dizaines de blessés dans les tribunes, entraînant l’interdiction provisoire de toute épreuve de vitesse et plus particulièrement les tracés en ville.

La création d’un vrai circuit devient inévitable. Louis Rosier, alors agent Renault, part en quête du tracé idéal sur les routes alentours au volant de la première Dauphine livrée à son garage.

Le Circuit de Montagne
d’Auvergne

C’est ainsi que le circuit de Charade est imaginé entre la commune de Royat et les villages de Thèdes et Manson tout en faisant le tour du puy de Gravenoire. Le résultat est un magnifique circuit de montagne de 8,055 kilomètres avec 51 virages et d’importants dénivelés. Hélas, Louis Rosier ne verra jamais la concrétisation de son projet ; il décède à la suite de son accident sur le circuit de Montlhéry le 29 octobre 1956. C’est donc sans lui que les pilotes découvrent le 27 juillet 1958 le circuit de montagne d’Auvergne à l’occasion des 3 Heures d’Auvergne.

L’Écossais Innes Ireland s’impose après avoir parcouru 328,86 kilomètres au volant d’une Lotus MK XI aussi légère que maniable. Après sa défaite sur Ferrari 250 GT, Maurice Trintignant change de monture et remporte la course de Formule 2 sur Cooper-Climax. Le bilan est positif et le tracé sélectif particulièrement apprécié des pilotes. Dès 1959, Stirling Moss déclare : « C’est le plus beau circuit du monde ». La légende est en piste…

La consécration

Le 7 octobre 1964 est le jour de la consécration pour l’équipe de Jean Auchatraire et le circuit de Charade ; l’Automobile Club de France choisit Charade pour accueillir le Grand Prix de France de Formule 1 l’année suivante. Cette attribution va nécessiter de nombreux travaux d’aménagements : élargissement de la piste, réfection du revêtement, agrandissement des parkings.

On crée une tribune dédiée à la presse et on installe même cinq lignes téléphoniques ! Les hôtels et les restaurants de l’agglomération sont pris d’assaut, et l’événement est retransmis en Eurovision. Alors totalement inconnu, le nom de Clermont-Ferrand va résonner dans le monde entier le temps d’un week-end.

« CHARADE EST LE PLUS BEAU CIRCUIT DU MONDE »

SIR STIRLING MOSS, 1959

Aux origines
des courses moto

En 1959, c’est au tour de la moto de s’intéresser au circuit de Charade. Le Moto-Club d’Auvergne (MCA) était déjà rompu à l’organisation de belles manifestations internationales. Par la voix de son président, Marcel Cornet, il sollicite les fédérations française et internationale de motocyclisme pour obtenir le feu vert nécessaire au Grand Prix de France 1959.

Beaucoup d’appréhension, notamment pour des raisons budgétaires, et de nombreuses mises en garde n’ont pu dissuader le MCA dans sa tentative. Les catégories 350, 500 cc et side-cars étaient au menu de cette première en mai 1959. L’Anglais John Surtees, sur MV, s’adjuge la première victoire à l’issue d’une course moto sur le circuit de Charade, celle des 350 cc. Surtees double la mise avec les 500 cc, toujours sur MV. Le Suisse Scheidegger gagne la course des side sur un attelage BMW.

Le beau temps étant au rendez-vous, le public le fut malheureusement un peu moins. Cependant, l’engouement suscité donna un éclairage médiatique et un autre regard que celui du milieu de l’automobile sur le circuit de Charade. Ce fut le point de départ d’une quinzaine d’années exceptionnelles où la moto et ses champions apportèrent une notoriété supplémentaire à ce site. Neuf autres Grands Prix de France comptant pour les championnats du monde s’y déroulèrent jusqu’en 1974. En 1973, Charade accueillit également une manche du Prix FIM 750 créé en début d’année. Ce fut aussi une épreuve difficile pour les organisateurs. Les problèmes en matière de sécurité ternirent ce rendez-vous. Et Charade servit de catalyseur à cette nouvelle vision des courses motos devenues trop meurtrières sur des circuits insuffisamment adaptés.

Zoom sur les années
1970

Nombreux sont les témoins de cette époque exceptionnelle où, particulièrement en 1974, les espaces réservés au public firent qualifier Charade de « Woodstock auvergnat » avec une foule estimée à 130 000 spectateurs. À titre de comparaison, deux ans plus tôt, le dernier des quatre Grands Prix de France de Formule 1 organisé sur ce circuit enregistra quelque 50 000 spectateurs payants.

On retiendra les spectaculaires duels que se sont livrés des champions moto comme Giacomo Agostini, Phil Read ou Jarno Saarinen dans les années 1970.

« CHARADE, UN CIRCUIT CONNU DANS LE MONDE ENTIER,
CHARGÉ D’HISTOIRES DE GRANDS CHAMPIONS. »

GIACOMO AGOSTINI